Conference, Octobre 2018

Cycle de conférences « Raconte moi … » Trois visions sur la liberté des femmes au Mexique, par Sofia Mateos – 24 octobre 2018 – 19h30

Affiche Sofía Mateos 24 octobre

Trois visions sur la liberté des femmes au Mexique, Benita Galeana, Juana B. Gutierrez, Antonieta Rivas Mercado.

Le canon littéraire mexicain a toujours donné aux femmes une place assez marginale. Dans le cas de la littérature de la Révolution, on a du mal à trouver des exemples de textes écrits par des femmes en dehors de ceux de Nellie Campobello. Cependant, leur participation au conflit armé et aux discours fondateurs de l’idéologie de la Révolution et la post-Révolution est énorme. Centrés sur trois auteures, nous proposons un panorama bref des récits faits par des femmes sur les événements qui ont marqué le début du XXème siècle mexicain.

Juana Belem Gutiérrez de Mendoza (1875-1942) a travaillé comme employée de maison avant décider de devenir journaliste. Elle a collaboré à nombreux journaux, tels comme Chinaco, El hijo del Ahuizote et Excélsior; elle a fondé Vésper et El desmonte, et elle a écrit trois livres malheureusement méconnus jusqu’ici : ¡Por la tierra y por la raza! (1924), Los tres problemas nacionales (1933) et ¡Alto! (1950). Ces trois œuvres montrent une sévère critique de la situation politique du Mexique post-révolutionnaire et proposent une réécriture de l’histoire nationale.

Antonieta Rivas Mercado (1900-1931), beaucoup plus célèbre, a toujours été reconnue en tant que mécène et personnage central du milieu intellectuel mexicaine du début du XXème siècle. Ses textes, pourtant, ont à peine commencé à être étudiés en profondeur après la publication, en 1987, de ses œuvres complètes. La campaña de Vasconcelos (1930), par exemple, offre une vision unique sur l’état des institutions mexicains après la Révolution, du point de vue d’une classe privilégiée, cultivée et cosmopolite.

Benita Galeana (1907-1995) a travaillé comme fermier, couturière et danseuse de cabaret, mais elle s’est toujours identifiée, avant tout, comme activiste et communiste. Sa vie fascinante, racontée dans Benita (1979), a été celle d’une immigrante du milieu rurale vers la ville de Mexico, où elle a trouvé sa vocation politique. Ses textes, écrits avec l’aide de son partenaire car elle a été illettrée jusqu’à l’âge moyen, montrent un tissu complexe de facteurs de discrimination qui marquaient la société mexicaine à l’époque.

En plus d’introduire ces trois figures et ses œuvres, nous visons à offrir un panorama des autres textes écrits par des femmes dans la même époque, afin de les visibiliser et encourager sa lecture et son analyse. La diversité de ses points de vue ─en termes de différences géographiques, sociales, éducatives, économiques et idéologiques─ contribue à démystifier le récit unitaire que la plupart des mexicains ont reçu sur la Révolution et ses conséquences.

0